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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:03

Rou 1

Il n'y a pas marqué cantine mais c'est tout comme. Devanture défraîchie, déco à la ramasse, mobilier hors d'âge, cuisine lilliputienne à moitié planquée derrière des affichettes mais une carte à rallonge aux tarifs au ras du sol qui passe en revue sans anicroche les classiques tonkinois et même plus (maki et samossa pour les irréductibles qui ne finiront pas de nous étonner). Le bo bun a la mine resplendissante de fraîcheur, du genre à se dresser sur son séant, sacrément à l'aise dans sa fraîcheur, sa vivacité. Ce sera pour une autre fois, ce midi j'opte plutôt pour la soupe de nouilles aux raviolis à la crevette, lesquels sont bien en chaire voir sacrément dodus et nagent benoîtement dans une soupe brûlante comme on l'aime, discrète en bouche, qui caresse le palais plutôt qu'il ne ne flatte avec mille charmes racoleurs.

Rou 2

En entrée, impossible pour une première visite de faire l'impasse sur le rouleau de printemps taille plutôt maousse, garni comme il se doit de laitue, de carotte émincée, de vermicelles de riz, de crevettes et de quelques feuilles de coriandre, le tout enroulé dans une mince feuille quasi translucide à base de farine de riz. Tellement naturel, frais et simplissime que c'en est désarmant. Rien à voir avec ce qu'on a pu goûter jusque là dans les restaurants d'abattage du quartier chinois où la rigidité suspecte et les arômes décapités des rouleaux lancés sur votre table plutôt que servis docilement est tout le contraire de ceux proposés par cette petite planque de Belleville.

Rou 3

Ils sont délicieux, ils coûtent 2,40 pièce. Résultat, j'en boulotte un deuxième. Avec un verre de thé, l'addition atteint péniblement 11,20 €. Dans le genre, on ferait difficilement mieux. Maintenant, de là à ce que les jours de beau temps (surtout de fin de mois) un attroupement monstre se forme sur le trottoir, faut pas non plus pousser. M'enfin, vu le temps calamiteux qu'on subit, au moins on le tient notre printemps. Et ce n'est pas madame Nguyen, fidèle au poste qui me contredira.

Rou 4

 

Le Rouleau de Printemps

43 rue de Tourtille

75020 Paris

01 46 36 98 95

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 16:33

(Yang 1)

La gastronomie comme l'amour est pleine de rendez-vous manqués. On aurait bien boulotté plus que nécessaire quitte à frôler le malaise ce fameux canard aux huit merveilles, une bête énorme, entièrement désossée, farcie de riz gluant, de châtaigne, de jambon cru, de gésier... cuite à la vapeur puis terminée au four - vaguement indécente, la chose, limite décadente, carrément orgiaque. Un détail et pas des moindres dont on aurait naturellement du se douter, c'est que le monstre ne se livre pas aussi facilement aux baguettes, son excellence réclamant d'être commandée 24 voir 48 heures à l'avance et c'est précisément cet oubli, - erreur fatale, impardonnable - qui explique que nous nous retrouvons un samedi midi en carafe, forcément déçus mais pas abattu, le moral un peu en berne mais l’appétit intact. L'essentiel étant préservé, on se console vite et on se remotive en parcourant la carte qui fait la part belle à la cuisine régionale de Huaiyang que des tablées entières de chinois exigeants viennent partager et savourer en famille. Voyez comme la carte a du relief: marmite de canard, poitrine de porc aux feuilles de moutarde séchées, tête de lion (boulette de porc géante cuite dans un court bouillon), crabe sauté, tofu à l’œuf de cent ans, lotus farci au riz gluant et au miel, salade de méduse... Autant dire qu'on n'est loin de l'amateurisme (pour rester poli) de nombre de restaurants «chinois» de la capitale.

Yang 2

Et comme les xiao long bao figurent en bonne place sur la carte (on se souvient que j'en raffole), c'est tout naturellement qu'on en passe commande à la chair de crabe plutôt qu'au porc, avec cette amère déception de les trouver relativement épais, marquant une certaine résistance sous la dent quand la pâte qui enveloppe la farce doit être légère comme l'air, quasi translucide, quelque chose d'extrêmement fragile à la base de laquelle se forme une petite poche (ici inexistante) remplie du jus brûlant de la cuisson qui se libère en bouche. Une fois le ravioli coiffé d'une fine lamelle de gingembre puis trempé dans une petite coupelle on est généralement catapulté au septième ciel sauf que dans le cas présent on fait du sur place. On est plutôt surpris et pas nécessairement désespérés alors qu'on avait avisé sur la toile des compte rendus plutôt satisfaisants sur ces mêmes xiao long bao, lesquels étaient appuyés d' images très convaincantes. On dira que le cuisinier était un mauvais jour.

Yang 3

Le porc Dongpo réserve de bien meilleures surprises. Se sont d'épais tronçons de porc caramélisés qui fondent dans la bouche (l'épaisseur de gras est égale à celle de la chair), du choux shangaien craquant et de la sauce tamarin qui arrose le tout. Délicieux. Avec une assiette d'aubergines sautées flanquées de piments secs entiers en trop petite quantité à mon goût (le palais français ne souffre pas le feu, la lave en fusion), c'est l'accompagnement idéal qui nous emporte cette fois véritablement au bord du Yangtse, le plus grand fleuve d'Asie. Très encourageant.

((Yang 4))

Avec ça, les serveuses sont juste craquantes. Et quand le canard aux huit merveilles, il n'a qu'à bien se tenir. Ce n'est que partie remise.

A la carte, compter 25 par personne.

Yang 5

 

Autour du Yangtse

12 rue du Helder

75009 Paris

01 53 34 05 78

www.autourduyangtse.com

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 17:05

Lou 1

Disons le tout net, ce qui se cache (façon de parler) derrière la grande baie vitrée abritant de belles tables carrées en bois blond, de larges murs recouverts de soie japonaise et un bar rétro couleur menthe à l'eau (mais alors très léger), n'est pas la dernière sensation bistronomique en date, celle susceptible d'affoler la toile, de créer le buzz, ce qui aurait pour conséquence immédiate de drainer une foule que le cahier de réservation aurait du mal à contenir. Et c'est précisément l'une de ses grandes qualités.

Jean-Matthieu Frédéric au piano, qui fort de ses passages par la Tour d'argent et le Meurice injecte scrupuleusement dans son assiette ordre, rigueur et technique (de même qu'une certaine propension à étirer sans complexe ses tarifs comme ce pigeon rôti à la carte qui culmine à 27 €), n'a pas besoin de beaucoup s'éloigner d'une ligne claire, sage mais pas excessivement qui court nonchalamment, presque sans se soucier de la marche du monde, sur l'ardoise et son menu à 31 valable le midi comme le soir.

Lou 2

Les poireaux vinaigrette exécutés dans la plus pure tradition bistrotière, tout juste stimulés par de la citronnelle s'apprécient dans leur plus pure dépouillement. On aime tels quels, faisant cercle autour de la salade, à la fois protecteurs et enamourés.

Lou 3

La volaille bourbonnaise à la crème (viandes des Boucheries Nivernaises) et ses pomme de terre gratinées façon carpaccio, irréprochable dans sa cuisson est aussi sobre qu'excellente.

Lou 4

Le choux à la crème joue les trublions et c'est tant mieux, la pâte à choux s'avérant remarquable dans sa texture et sa résistance, et la crème vanillée épaisse et divinement gourmande (mais qu'on aurait préférée à température ambiante plutôt que sortant du frigo) à défaut d'une crème pâtissière en règle. On final on est sacrément emballé.

A la carte on s'étonnera légitimement des tarifs plutôt costauds eut égard au quartier mais on retiendra la formule déjeuner à 20 , pas vraiment palpitante mais bien plus abordable que l'ardoise.

 

Louloucam

264 rue du Faubourg Saint-Martin

75010 Paris

01 40 34 76 87

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 15:52

Len 1

A première vue on navigue en plein cauchemar. La démarche légèrement chevrotante, le soulier qui se dérobe sous le pavé irrégulier et humide, on louvoie dans l'ahurissement le plus complet entre de simili bistrots parisiens, des cantines savoyardes tout ce qu'il y a de plus de factices, des crêperies racoleuses et contrefaites, sans parler des resto grecs poussifs et braillards. On n'est pas friand de tripes, de cervelle, de groin, sans quoi on filerait sans hésitation chez Ribouldingue avaler une petite salade de tétine de vache suivie d'une copieuse langue de bœuf. C'est précisément au moment qu'on s'engouffre dans la minuscule rue de la Parcheminerie (plutôt une voie qu'une rue, laquelle accueillait autrefois les écrivains publics et les artisans parcheminier) pour s’extirper à la fois découragé et vaguement dégoûté du quartier sinistré de la Huchette, qu'on avise la façade gis noir de Lengue, une authentique izakaya ouverte il y a tout juste un an. Il nous semblait bien avoir entendu ou lu ici et là quelques comptes rendus enthousiastes de cette auberge toute en murs de pierre de taille et poutres apparentes où en soirée, autour d'une multitude de petits plats chauds ou froids façon tapas (poulpe au wasabi, ventre de saumon grillé, édamané, maquereau vinaigré aux algues, boulettes de poulet à la sauce yakitori...) et d 'une profusion de vins français, de sake, d'umeshu, mais encore de shôch et de grands crus de whisky nippons; c'est un peu de l’esprit populaire et festif japonais qui souffle entre ses murs.

(Len 2)

Si l'ambiance du déjeuner ne souffre pas la comparaison avec celle du soir, on aurait tort de ne pas y faire un crochet pour goûter la formule bento à 18 € (23 avec le dessert) qui se présente sous forme de deux boites laquées, la première consacrée à la viande ou au poisson (porc sauté au jus de gingembre, crevettes panées etc...) la seconde dévolue aux garnitures. Rien de bien transcendant, certes, quoique l'ensemble soit plutôt réussi.

Len-3.JPG

Le foie de volaille sauté dans l'huile de soja avec de la feuille d'ail fond en bouche et les légumes - aubergine et bonite séchée, chips de lotus, carotte et salsifis émincés, épinards au sésame, la très fondante poteto sarada, cette la fameuse salade de pomme de terre jovialement régressive - se laissent avaler avec grand plaisir.

Plutôt sympa, le riz est proposé à volonté. On notera au passage bol à miso d'un bois très fin qui offre une proximité supplémentaire avec la soupe chaude encore fumante. Toutes nos félicitations à Kondo Katsutoshi et son équipe.

Len 4

 

Lengué

31 rue de la Parcheminerie

75005 Paris

01 46 33 75 10

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 16:53

Ebau 1

Ça commence souvent comme ça, en flânant, en musardant dans une lumière transparente nénuphar. On se laisse porter par l’air ambiant, tête haute, sourire au coin des lèvres. On a le pied léger, les narines en alerte et c'est par le plus grand des hasards qu'on pousse la porte de l’Ébauchoir, l'un de ces bistrots un brin canaille, un brin rétro et furieusement gourmand où souffle un petit peu des Halles d'antan, surtout en soirée lorsque autour de plats bien sentis comme le carré d'agneau tapenade et curcuma ou les filets de sandre au chorizo, l'ambiance grimpe de manière vertigineuse, à peine encouragée par les vins naturels du monde entier. Moi, j'aime bien, la nuit, les parisiens et les touristes bras dessus bras dessous, la panse pleine, les yeux pétillants. C'est Paris comme on l'aime, comme on voudrait qu'il reste, toujours.

Le midi, on la joue plus calme, on y va plus en douceur dans les plats qui ne manquent pas d'atouts ni de charme. Le menu est à 13 € les deux plats, 15 les trois. C'est tout le contraire du racket.

Ebau 2

Filet de hareng, flan de poisson, mousse de fourme d'Ambert en entrée, j'opte pour la crème de châtaigne qui ne pouvait pas mieux tomber et à laquelle je succombe dès la première lampée.

Ebau 3

A suivre, escalope de saumon écossais en bouride, croustillant de chèvre frais au basilic, j'opte pour le confit de canard maison sauce tomate lové sur sa purée de salsifis. C'est net. On chercherait la petite bête qu'on ne la trouverait pas.

Ebau 4

En dessert, je me laisse sans difficulté tenter par le gâteaux riz cuit au four dans sa terrine, certes peu photogénique, voir digne d'un film d'épouvante mais qui explose littéralement en bouche. Si l'on est pas heureux avec ça...

Ebau 5

 

 

L’Ébauchoir

43-45 rue de Citeaux

75012 Paris

01 43 42 49 31

www.lebauchoir.com

 

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 12:20

((Hanoi 1))

Paris Hanoï n’a jamais cassé trois pattes à un canard boiteux bien qu'il se soit imposé dans le paysage parisien comme l'une des incontournables planque vietnamienne, au même titre que Pho 14 dont le succès reste encore selon moi à élucider (gare aux susceptibles, on ne déboulonne pas avec une telle désinvolture un mythe bien encré dans les mentalités et assujetties aux affres de l'auto persuasion). Si la soupe de Pho 14 m'a toujours paru ressembler à du jus de chaussettes, il manque chaque fois au bo bun de Paris Hanoi ce je ne sais quoi qui métamorphoserait le plat malgré ses nems croustillantes sectionnées jovialement aux ciseaux et ses crevettes sautées dans une délicieuse sauce épicée.

(Hanoi 2)

Ses salades bâclées quoique très copieuses mériteraient d'être un peu plus inspirées, quand à certaines de ses entrées comme le banh cuon, on l'a toujours trouvé un peu chiche sur la garniture et plutôt fade pour tout dire. Et pourtant, on ne déteste pas cette adresse chaque jour prise d’assaut par des hordes de parisiens pas mécontents de troquer les espaces austères parfois un peu douteux question hygiène du quartier chinois et de touristes qu'à peine attablés on sent de toute manière conquis d'avance, miracle parisien oblige. Il s'y produit chaque fois comme un petit miracle qui tient à de petits riens.

Hanoi 3

Et puis, que ce soit rue de Charonne ou rue Mont Louis (ma préférée des deux) à proximité du Père Lachaise, juste en face de l'excellent Yard, le vrai spectacle est en cuisine (flammes qui lèchent le plafond, cris à tous va, vapeurs endiablées, cuistots hilares) et indéniablement dans la salle où une jolie serveuse aux hanches fines et aux cheveux longs et noirs ne manque jamais de louvoyer entre les tables, s'attirant les regards caressant des hommes aussi bien que des femmes. La vie a quelques fois du bon.

 

Little Hanoi

9 rue Mont Louis

01 46 59 01 40

75011 Paris

www.parishanoi.fr

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 17:54

Wa 1

«La nourriture occidentale, accumulée, dignifiée, gonflée jusqu'au majestueux, liée à quelque opération de prestige, s'en va toujours vers le gros, le grand, l'abondant, le plantureux; l'orientale suit le mouvement inverse, elle s'épanouit dans l'infinitésimal: l'avenir du concombre n'est pas son entassement ou son épaississement, mais sa division, son éparpillement ténu (…). Tout y est ornement d'un autre ornement; d'abord parce que sur la table, sur le plateau, la nourriture n'est jamais qu'une collection de fragments, dont aucun n’apparaît privilégié par un ordre d'ingestion: manger n'est pas respecter un menu (un itinéraire de plats), mais prélever, d'une touche légère de la baguette, tantôt une couleur, tantôt une autre, au gré d'une sorte d'inspiration qui apparaît dans sa lenteur comme l'accompagnement détaché, indirect de la conversation. (…) L'alimentation reste empreinte d'une sorte de travail ou de jeu, qui porte moins sur la transformation de la matière première (…), que sur l'assemblage mouvant et comme inspiré d’éléments dont l'ordre de prélèvement n'est fixé par aucun protocole (…): tout le faire de la nourriture étant dans la composition, en composant vos prises, vous faites vous même ce que vous mangez.»

Wa-12.jpg

L'Empire des signes de Roland Barthes fait partie de ces livres de chevet qu'on ne finit jamais de relire, qui sont plus que des compagnons de route et qui depuis ce jour où ils sont entrés dans votre existence font véritablement corps avec vous, tels des amants unis pour l'éternité. Il en va ainsi de l'Empire des signes mais aussi de l’Éloge de l'ombre de Tanizaki, des rêveries d'Osamu Dazai, dont les relectures me semblent sans fin.

Wa 14 

Aussi, lorsqu'un jour de grand vent je m'attable au comptoir minuscule de ce non moins minuscule restaurant japonais de seulement 8 couverts, annexe de l'étoilée Aida, faisant office l'après-midi de salon de thé, il est tout naturel que m'apprêtant à glisser mes baguettes en bois colorées extrêmement fines et légères dans mon bento à double compartiment, remontent à la surface des fragments de texte de l'illustre sémiologue qui ne tardent pas à fusionner avec certaines réflexions que pouvait tenir Tanizaki sur la laque.

Wa 2

Ce jour-là la petite boite repas était d'une grande sobriété, divisée en deux segments - viande et poisson -, sans artifice, impressionnant par la seule justesse de ses cuissons, la finesse et le fondant de ses produits (dorade basque, veau et filet de bœuf du limousin grillés, sashimi de daurade, de bonite et de bar de ligne), lamelles de concombre en saumure, gingembre frais, salade et algues tsukemono. On a connu assemblage plus recherché, plus avenant et néanmoins je tombe sous le charme, ravi malgré moi.

Wa 3

La formule à 32 € inclut en plus d'un thé (un hoji cha) un dessert imposé qui m'offre enfin l'occasion d'apprécier le grand point fort de la maison.

(Wa 4)

La spécialité maison, ce dorayaki dont les deux sortes de crêpes à base de farine de blé enveloppant une garniture de pâte de haricot rouge sucrée maison sont cuites sous mes yeux par Murata Takanori sur plaque chauffante, provoque en moi un sentiment proche de l’extase, une fois ajoutés une couche de mascarpone et des fraises, quand en bouche entremêlent le chaud et le froid, se superposent les différentes textures et s'affirme chaque arôme. Wa 5Un pur délice dégusté dans une ambiance plus confidentielle et reposante que le pâtissier japonais historique Toraya, bruyant, suffisant et triste à mourir au delà du possible; qui donne immédiatement envie de goûter chacune des pâtisseries de saison chacune fourrée aux azuki, préparées quotidiennement par Murata Takanori.

Comme ce très intriguant mugite mochi (mugite signifiant blé, et mochi riz gluant, nous apprend la disponible et très attentive hôtesse des lieux), une pâtisserie au riz gluant qui renvoie à la forme des doigts agrippant les épis de blé lors de la récolte.

Wa 7

Ce kashiwa mochi, très populaires chaque 5 mai au Japon, à l'occasion de la fête des garçons. Kashiwa désigne cette feuille de chêne qui enveloppe la boule de riz gluant fourrée aux haricots rouges et symbolise la prospérité.

Wa 6

Un autre wagashi incontournable aux moments des grands événements comme les mariages, les naissances; le joyo manju, préparé à base de farine d'igname et cuit à la vapeur.

Wa 8

Le warabi mochi, confectionné à partir de farine de fougère (warabi) et saupoudré de kinako, de la farine de soja.

(Wa 6)D'autres douceurs font leur réapparission aux le premiers jours de printemps, comme ce wagashi en forme de clématite.

Wa 9

Le kinton, le spectaculaire wagashisi ébouriffé dont l'apprentissage nécessite plusieurs années.

Wa 10

Enfin, les fameuses gaufrettes en forme de lapin qui ravissent les petits comme les grands.

Wa 11

 

Walaku

33 rue Rousselet

75007 Paris

01 56 24 11 02

Réserver impérativement la veille.

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 09:30

Braise 1

Des choses qui arrivent, comme d'avoir invariablement salle comble en soirée et une clientèle clairsemée à midi, voir tragiquement absente à l'image de ce mardi où je déjeune absolument seul sous le regard bienveillant d'une équipe fichtrement sympathique et fatalement aux petits soins. Un paradoxe qui s’explique en partie par l'emplacement de Braisenville, un chouïa en retrait du bouillonnant ''south Pigalle'', pas si proche que cela des bureaux, quand en soirée on se précipite des quatre coins de la capitales et de plus loin encore pour déguster entre copains dans une bonne ambiance une sélection de raciones, une galaxie de petits plats qu'on ne manque pas de partager (ceviche de Féra du Léman, quasi de veau de lait, asperges du Poitou, pata negra, cru-cuit de maquereau, oursin, foie gras poêlé...), la petite pêche des côtes basques, les grillades saisies dans un four à braise, le tout confortablement installé sur une banquette ou au comptoir dans un cadre brique/rouge orangé ambiance montée d'acide.

Braise 2

Ce midi je suis le seul client et l'expression comme quoi les absents ont toujours tort se vérifie une fois de plus. Avec un choix de trois entrées, trois plats et trois desserts, la formule déjeuner à 16 ou 19 € est forcément une excellente affaire d'autant que ce jour là le chef n'a pas enfilé des moufles. Son velouté d'asperges du Poitou avec sa crème tartare qui apporte une note d'acidité me rentre droit dans le cœur. C'est une caresse, de la soie comestible qui glisse amoureusement en moi.

Braise 3

La bavette black angus tient toutes ses promesses et mieux encore. Braisée, racée, toute en poigne et caractère, coiffée d'une tombée d'échalotes, elle a pour pour meilleures amies une endive fondante, tout juste caramélisée et un bonheur de champignons hachés menus (shiitake, il me semble) confiés à un ballotin de pâte feuilletée. Un pur délice.

Braise 4

Seule fausse note, le dessert, avec son biscuit qui offre bien trop de résistance (on s'y casserait les dents). Pas bien grave au fond. La ganache au Valrhona 65% assure l'essentiel.

 

Braisenville

36 rue Condorcet

75009 Paris

09 50 91 21 74

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 11:13

Yasu-1-copie-1.JPG

La grande particularité de la minuscule maison de thé de Yasu Kakegawa ouverte il y a quelques mois dans le sillage massif et coloré du Centre Pompidou et ce qui la rend unique, précieuse, sinon déjà incontournable, est de proposer une sélections de thé verts uniquement issus de la première cueillette de printemps (l'ichiban cha ou first flush), très prisée des amateurs pour sa portée symbolique (l'intérêt quasi maniaque que portent les japonais au renouveau des saisons qui offre chaque fois l'occasion d'embrasser pleinement la nouveauté, de redonner à notre existence un nouvel élan vital, bref, de boire le thé avec une bouche vierge), mais appréciée également pour ses vertus revivifiantes, ses arômes frais et fruités.

Yasu 8

Autre cheval de bataille de cette boutique de poche, et pas des moindres, mettre en lumière les récoltes de petits producteurs (dont le visage de certains, voir la parcelle sont reproduit au dos des paquets conditionnés sur place afin de garantir au maximum la fraîcheur des feuilles) cultivant un thé issu d'un cultivar autre que le yabukita qui trust à lui tout seul 80% du marché. Œnologue à ses heures, pâtissier de formation passé par la Maison du Chocolat, Yasu Kakegawa est naturellement sensibilisé au cépage, soit le cultivar dans le jargon du thé, chacun ayant ses caractéristiques propres et une incidence sur la qualité de la plante (pour l'anecdote on trouvera par exemple dans la boutique une récolte issue de théiers hybrides - shizu-inzatsu - ).

Yasu 2

On repousse à peine la porte qu'on est instantanément convié à savourer une sélection de thés emblématiques de la maison comme ce Shigeta genmaicha dont le riz grillé utilisé est loin d'être quelconque puisqu'il s'agit d'un riz de la variété Koshihikari, le milky queen, une appellation qui nous fait sourire tous les deux. En réalité on l'appelle ainsi en raison de sa couleur laiteuse.

 

Yasu 3

Nous goûtons ensuite un Kengo Kanaya midori, du nom de son propriétaire, âgé d'une petite trentaine d'années qui en cultive de minuscules parcelles sur l'île de Honshu. Son thé est fruité et curieusement gagne en puissance, en rondeur au fur et à mesure des infusions.

Yasu 4

La méthode de préparation de Yasu Kakegawa n'est pas si courante, puisqu'il choisit de porter à ébullition son eau (minérale, exclusivement de la Mont Roucous en raison de sa très faible minéralité) dont il préfère faire baisser la température au moyen d'un pot à refroidir, ce qui requiert beaucoup de vigilance ainsi qu'un grand savoir faire.

Yasu 5

C'est au tour du Tsukiji Yamakai qui a la particularité d'être produit en très petite quantité, soit à peine 20 kilos par an dont par bonheur Yasu Kakegawa parvient à mettre la main sur quelques lots. Ce grand cru se caractérise par des notes iodées et nous en savourons d'abord la liqueur après que mon hôte ait versé simplement un peu d'eau froide dans une coupelle tapissées de jolies aiguilles d'un vert vif qu'il laisse infuser deux bonnes minutes.

Yasu 6

On recueille le nectar dans notre minuscule tasse préalablement rincée à l'eau chaude, soit à peine un fond aux arômes herbeux qui se déguste comme un alcool.

Yasu 7

L'un des grands atouts de cette nouvelle boutique de thé est qu'il est aisé de se procurer des thés haut de gamme en sachet de 10 grammes, privilège impensable dans les autres maisons. Du coup, on peut déguster chez soi et sans se ruiner une belle sélection de grands crus, sans compter qu'on peut faire plaisir à une personne qui partage notre passion en lui expédiant un sachet. En effet, le dos de dernier est conçu comme une carte postale (le petit détail pour lequel le Japon restera toujours le Japon).

 

Yasu Kakegawa

12 rue Simon Le Franc

75004 Paris

01 44 61 28 21

www.yasukakegawa.com

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 19:24

Yai 1

J'ai découvert Yai Mo, cette petite cantine thaï l'hiver dernier, un jour glacial qui coïncidait avec son premier anniversaire. Ce jour là, une pièce de tissu bariolée recouvrait la caisse comme un linceul. Le message était clair: quiconque pousserait la porte du micro restaurant serait l'hôte de l'adorable Uma et ne dépenserait donc pas le moindre liard. Une initiative plutôt inhabituelle sous nos latitudes mais qui est monnaie courante au pays du sourire où la générosité abonde autant que le soleil.

Yai-2-copie-1.JPG

La belle surprise que ces plats traditionnels et ces desserts qui offraient l'occasion d'approcher une cuisine régionale thaïlandaise plutôt méconnue parce que familiale et réservée aux festivités. Les plats délicieux s'amusaient à papillonner d'une région à l'autre, ils étaient servis en abondance, on ne réglait que sa boisson et on quittait les lieux un peu gêné tout de même, quelque peu décontenancé d'avoir à ce point été gâté (l'avait-on seulement mérité?).

Yai 3

Le quotidien ayant repris ses droits, Uma et sa petite équipe se sont replongés dans les incontournables de la gastronomie thaï, les poulet au curry, massaman, bœuf paneng, somtam et autres amok, lequel fait encore l'objet de moult débats pour déterminer à qui la Thaïlande ou du Cambodge en revient la paternité. Un tiers de ces plats sont cuisinés à l'avance puis réchauffés, les autres (plats sautés, petits plat de rue), sont réalisés en direct dans la micro cuisine, toujours à partir d'ingrédients ultra frais (aux heures creuses, cette image éternelle d'un homme sectionnant des yardlong bean, ces haricots verts longs et crus qui sont l'une des composantes de la salade de papaye ou qui se dégustent en accompagnement de plats chauds.

Yai 4

Anniversaire ou non, chez Yai Mo l'ambiance est toujours à la fête, laquelle se poursuit en banlieue parisienne, à Moissy-Cramayel, ou comme chaque année depuis presque 20 ans est célébré le jour de l'an thaïlandais (Songkran) au temple bouddhiste Wat Thammapathip. Ici, mon article pulié l'an dernier: Fête de l'eau, la Thaïlande fait escale à Paris

Ce dimanche le temps n'aura pas été aussi radieux que l'an dernier mais les sourires, la gentillesse et la générosité de la communauté thaïlandaise une fois de plus venue en masse aura nettement compensé le manque de soleil et le froid saisissant.

Yai 5

 

Yai Mo

7 rue de Marivaux

75002 Paris

 

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Asian Wok (cuisine Thai avec un zeste de fusion), 63 rue Oberkampf, Paris 11è

El Mansour (Le couscous Marocain de la capitale sinon de l'héxagone), 7 rue de la Trémoille, Paris 8è
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