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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 07:09

(Trip 1)

Tripoli, la «ville qui embaume» ne manque pas d’appétit. On lui connaît un estomac gros comme ça. Après, on peut toujours prétendre s'être perdu et reperdu dans les ruelles étroites du souk, jurer avoir brûlé tant de calories et sué jusqu'aux orteils, rien d'autres que les spécialités de la région n'auront influencé en vérité notre décision excessive, voir édifiante de commander non pas un, ni deux, mais trois plats, quand bien même nous étions deux à les partager. Cela dit, écouter ses envies, obéir à ses désirs a souvent du bon. Aussi, comme c'est dimanche, autant ne pas passer à côté du plat dominical par excellence au même titre que la viande grillée (une vraie institution au Liban, ou ce jour là les barbecue fleurissent sur tous les trottoirs) qui est le Msabha (hommos, pois chiche, énorme rasade d'huile d'olive, se mange chaud et tient inévitablement au corps) sur lequel Zouz est incapable de faire l'impasse, tradition oblige.

Trip 3

Dans la foulée pourquoi snober le foul (base de fèves écrasées), une goutte d'eau au milieu de l'océan puisqu'il accompagne généralement le mezze qui peut cumuler jusqu'à 30 plats. Ici, le pain rond est le bienvenu, qui nous est offert en abondance.

Trip 4

Spécialité salée par excellence de Tripoli, véritable bombe calorique traître au possible (sous ses airs faussement innocents se cache dans le fond de l'assiette une épaisseur de pois chiche), la dégustation du fatte est inversement proportionnelle à la joie qu'il procure, étant donné qu'au bout de trois cuillères on demande pitié, non point qu'on apprécie pas, au contraire, mais tant la mixture (pois chiches, amandes grillées, pignon, pain grillé, agneau, yaourt, huile d'olive, servi chaud) nous assomme l'estomac avant de le plomber définitivement.

(Trip 2)

Après une tel barnum, rien de mieux que se remettre de ses émotions au café Fahim, à l'angle de la rue Abeld el Hamid , place du Tall, autour d'un thé en sachet Lipton, à défaut de mieux. Voûtes ocres, peintures écaillés et lambeaux suspendus, miroirs fêlés, patères rouillées, narguilés posés dans la poussière et la crasse, les hommes pour la plupart âgés, à l’extrémité du tuyaux, aspirant, yeux souvent baissés: un lieu qui ne peut être que cher à mon cœur.

Trip 5

Il n'y a qu'une dizaine de mètres à parcourir pour tomber nez à nez avec d'autres spécialités de Tripoli, à croire qu'elles ne cessent jamais de croiser votre chemin comme pour mieux vous prendre par surprise, c'est à dire vous sauter à la gorge.Le Karabij, au hasard, pâtisserie pas la moins calorique, pour changer (mélange explosif de pistaches recouvertes d'une mousse onctueuse) ou encore le znoud el set «bras de dame», équivalent de notre pâte feuilletée frite fourrée de crème.

(Trip 6)

C'étaient toujours autant de forces prises pour affronter le froid et le brouillard épais de la région de la vallée de la Kadisha, comme jeté contre les cèdres auxquels il s'enroulait avant de les faire engloutir tragiquement et si dense qu'on en aurait glissé au fond de sa poche. Le brouillard avait mangé les cèdres avant que mes yeux ne s'en occupent. Tout s'équilibrait et faisait sens. Il n'y avait rien à regretter.

Trip 8

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Published by Foodinandout - dans Liban
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